'LE PARADIS DE L'ÂME' |
L'auteur veut nous aider à distinguer les vraies vertus des fausses. Pour cela, il suffit de noter, en termes forts et nettement appuyés, ce qui imprime à chaque vertu sa physionomie particulière.
Les 42 chapitres se suivent les uns les autres sans ordre apparent. Au début du chapitre, l'auteur affirme, de la façon la plus simple et la plus directe, en quoi consiste telle vertu, ce qu'elle exige précisément dans sa vérité et sa perfection. C'est une description brève plutôt qu'une définition.
Mais encore, une description demeure toujours théorique ; voici un exemple qui illustrera la doctrine et la rendra vivante. Et l'auteur, d'une manière presque uniforme, après avoir indiqué l'essentiel d'une vertu, la montre réalisée dans le portrait du vertueux.
Puis viennent les paragraphes où l'auteur nous parle des motifs de pratiquer la vertu, et des signes auxquels on peut reconnaître que l'on possède telle vertu (pour certaines vertus, leur fonction ou leur office tiennent lieu de signe distinctif ou s'y rattachent).
Presque toujours, l'auteur réserve, pour la fin de chaque chapitre, les signes ou les preuves de ce qu'il appelle souvent la fausse vertu : il rapproche ainsi le signe de telle vertu et la preuve du vice qui lui est opposé. Le contraste est frappant et instructif.
Le Commentaire de la "Théologie mystique"Le Commentaire de la "Théologie mystique" du fameux théologien grec Denys (VIèmesiècle, dit le "Pseudo-Aréopagite") que saint Albert le Grand propose est un monument de premier ordre, fruit de l'âge d'or de la théologie de notre XIIèmesiècle. Discernant avec compétence l'enracinement de l'oeuvre dans la tradition des Pères de l'Eglise grecs qui allient estime pour la philosophie et primauté indiscutée de la Révélation, Albert propose ici une acceptation de haut style des notions de
Avec originalité, l'interprétation insiste sur le rôle primordial de l'intelligence dans l'adhésion de la foi aux réalités divines. Elle écarte ainsi une lecture ruineuse qui, réduisant la foi et la mystique au seul amour, devait dès le XIVèmesiècle devenir position de repli pour les spirituels à bon droit insatisfaits du rationalisme montant. Reliant avec justesse les notions parentes de mystique et de mystère (le mystère du Verbe incarné révélé) elle entend par mystique l'accomplissement de la foi théologale en sa référence au Christ Révélateur.
Le présent Commentaire a exercé une notable influence sur Thomas d'Aquin (disciple direct d'Albert) qui en a fait bénéficier sa théologie de la foi. Il a également favorisé, un peu plus tard, l'oeuvre mystique de Maître Eckart, centrée sur la relation directe du fidèle avec le Verbe divin incarné.
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INTRODUCTION A LA VIE DE ST ALBERT LE GRAND : http://magnificat.ca/cal/fran/11-15.htm |