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TABLE DES MATIERES DES 3 PAGES DU COMMENTAIRE :
  1. Introduction à l'Evangile de St Marc
  2. Introduction du passage
  3. Le texte biblique
  4. Commentaire globale
         (=l'idée force)
PAGE 2 :



  1. Commentaire détaillé



  1. courts commentaires patristiques sur le passage



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COMMENTAIRE DETAILLE :

(Comme il a été dit à la page précédente, le commentaire qui va suivre s'inspire de la méthode de lecture biblique présentée dans le cadre de la règle de prière exposée sur ce site (voir 'Accueil' pour la règle de prière). Si vous désirez plus de renseignements sur cette méthode de lecture biblique, rendez-vous, en bas de la colonne de gauche, au lien vers le document Word 97 : 'Méthode de lecture biblique'.)

Introduction :

Ruines de Tyr
Excellent journaliste, Marc a dû négliger son cours de géographie. A première vue du moins. Prenez donc une carte de Palestine à l'époque du Nouveau Testament et tentez de suivre l'itinéraire de Jésus dans ce passage, notamment au verset 31. Bonne chance ! Il part de Tyr, en Syro-Phénicie, remonte vers Sidon, redescend en direction du lac de Galilée et se retrouve en Décapole. Ce doit être ça, écrire droit avec des lignes courbes. En effet, Jésus quitte Tyr pour aller à Sidon, plus au nord. Ensuite, il se dirige vers le sud est en passant par les territoires d'Hérode Philippe, situés sur la rive est de la mer de Galilée. Le trajet pris par le Christ se trouve en fait être un circuit. A moins que l'évangéliste, comme souvent, ne dise ici, mieux que le guide Michelin, un chemin spirituel qui "vaut le détour". Ainsi, Jésus éviterait la Galilée, gouvernée par Hérode Antipas
Jésus devant Hérode Antipas (Luc 23, 8-12)
, et ses localités "religieuses", habitées par ses adversaires, pour rejoindre des cités 'païennes' où il se sentirait à l'aise pour pouvoir enseigner ses disciples en privé (cf. Marc 9, 30-31).

Voilà donc Jésus "en plein territoire de la Décopole", dans la région des villes franches, les fameuses Dix-Villes de Transjordanie réunies en fédération au-delà du Jourdain. Autrement dit, il quitte la Terre promise pour marcher à contre-Exode. En passant par le fleuve, il traverse la frontière et dit à la foi : "Ouvre-toi !"
Marc n'est pas seulement bon journaliste ; il est aussi remarquable scénariste. Quelle histoire en peu de mots, et quel rythme ! Tout est réuni pour une remarquable scène de théâtre ou d'opéra : une foule, un sourd-muet, un guérisseur qui emmène son patient à l'écart, lui met les doigts dans les oreilles, crache, touche sa langue, regarde vers le ciel, gémit et crie : "effata". Et les oreilles du sourd se débouchent comme du bon vin, et sa langue se délie et les spectateurs s'exclament, sidérés : "Tout ce qu'il fait est admirable".

Verset 31 :

Ruines de la ville de Gadara,
une des villes de la Décapole
Comme il a été dit dans la page précédente présentant une introduction générale de ce passage, il est significatif que Jésus aille dans des villes comme Tyr, Sidon ou bien encore dans un territoire tel que la Décapole.
D'abord, il faut remarquer que Jésus n'économise pas son énergie pour le salut des hommes, car, ici, il parcourt des kilomètres, avec maints détours (voir l'introduction ci-dessus), pour aller à la rencontre de TOUS les hommes, juifs comme païens. A ce sujet, il faut à nouveau insister sur le fait que Jésus, l'Amour universel de Dieu illustré par Jésus qui guérit les foulesici, se trouve bien, pour la première fois en territoire païen. Il faut y voir une allusion très forte à l'universalité de l'Amour du Dieu, d'autant que ce passage est le seul dans l'Evangile de St Marc à mentionner aussi explicitement le passage de Jésus sur des terres païennes. Oui, Dieu aime tout le monde sans faire acception de qui que ce soit (cf. Actes 10, 34-35). Il faut, donc, voir dans ce verset une mise en relief très claire de l'universalité de l'Amour de Dieu, ici, si j'ose dire, c'est la 'quantité' de l'Amour de Dieu qui est symbolisé par ce parcours du Christ dans les territoires païens.

La reine Jézabel
Attardons-nous maintenant un instant sur les villes de Tyr et de Sidon. Il est intéressant de noter que ces deux villes, d'une richesse économique sans pareil, depuis les temps de Jézabel (morte en 842av.JC) avaient toujours été synonymes de 'séduction culturelle' et d'hétéroclisme religieux. Ces deux villes étaient d'ailleurs largement paganisées, elles constituaient même le centre du paganisme cananéen ! Donc, quand on connaît le passé historique de ces deux villes, le côté significatif de la visite de Jésus s'en trouve évidemment renforcé. Jésus n'hésite pas à aller dans, ou du moins, à proximité de ces villes dont la réputation de paganisme était telle que bien rares étaient les juifs pieux qui osaient s'y aventurer ! Oui, vraiment, Jésus par cette visite montrait bien que l'Amour de Dieu va partout où l'homme pécheur se trouve. Il est à noter que la Décapole, où Jésus se dirige, n'a pas meilleure réputation non plus, ces dix villes étaient, elles aussi, complètement païennes.

Verset 32 :

SolidaritéCe qui est important ici, c'est la solidarité que déclenchent les venues de Jésus, Jésus est celui qui dans le coeur des hommes fait naître l'Amour. Dans ce verset, il y a fort à parier que le sourd-muet et ceux qui le conduisent à Jésus sont païens. Il faut y voir un signe que la solidarité se trouve hors de l'Eglise aussi, et, que Jésus accueille, répond et bénit cette solidarité dont les motifs ne sont pas forcément religieux. Il en est même le but ultime. En effet, nombreux sont ceux qui agissent pour des motifs autres que chrétiens, mais, si l'Amour est présent, c'est en fait Jésus qui est au coeur de ces actions pour les motiver, les accompagner et les sanctifier.
En résumé, là où il y a solidarité, il y a Jésus, et là où il y a Jésus, il y a solidarité. Voilà, les fruits dont parle Jésus, quand il dit que l'on reconnaît un arbre à ses fruits (Matthieu 7, 16-19).
Nous aussi nous pouvons conduire des sourds-muets à Jésus, sourds à la grâce, à l'Amour, muets devant le mal, muets et tristes à cause du péché. Chaque fois que nous prions, que nous intercédons pour quelqu'un, nous agissons de la même manière que ces gens qui amenèrent à Jésus le sourd-muet. Chaque fois que nous manifestons de l'amour pour nos frères et soeurs, notre témoignage se fait chemin vers Jésus.
La demande d'imposition des mains est une demande classique de guérison pour l'époque, Jésus, étant par beaucoup identifié à un guérisseur-prophète, n'échappe à la règle.

Versets 33-35 :

Nous avons là le verset clé du passage ; plus haut, nous avions parlé de "l'Amour quantitatif de Dieu", au sujet de l'universalité de l'Amour divin, qui avait mené le Christ jusqu'en terre païenne. En effet, nous avions dit que Jésus n'hésitait pas à aller au devant de toute l'humanité et qu'il aimait tout le monde. Avec ce verset, il s'agit plutôt de "l'Amour qualitatif de Dieu" qui est mis en relief.
Ici, Jésus prend le sourd-muet à l'écart, dans l'intimité de la rencontre tranquille. Il faut y voir une allusion à l'intensité de l'Amour de Dieu pour chacun d'entre de nous. L'Amour de Dieu est certes universel, mais, il est profondeur et personnel. Oui, Dieu nous aime personnellement, d'une façon unique, c'est bien pour cela que Jésus choisit de guérir le sourd-muet dans l'intimité du tête à tête. Il veut signifier au sourd-muet qu'il est guéri pour lui-même.

Dans la même logique, Jésus ne guérit pas le sourd-muet à la va-vite, il s'investit jusque dans son corps, il n'hésite pas à toucher le malade, signe de communion à sa souffrance jusque dans le contact physique. Le symbole de la salive de Jésus déposée sur la langue du sourd-muet est extrêmement fort, car, il n'est pas sans rappeler, indirectement certes, le baiser. Jésus mélange sa salive, signe de sa personne, de son enseignement, de sa parole à celle du malade, symbole de l'humanité malade. C'est, un peu comme si dans ce geste symbolique Dieu donnait un baiser à l'humanité, lui donnant son souffle et sa parole. Voilà bien pourquoi, bien que, en surface, on puisse être tenté d'entendre l'ordre de "s'ouvrir" comme adressé aux oreilles sur un plan tout matériel et physique, il ne peut nous échapper que l'ordre n'est pas au pluriel ! Il est au singulier, et ne peut, par conséquent, s'adresser qu'à l'homme, à sa personne entière. Ouvrir ses oreilles, c'est s'ouvrir soi-même ! Pensée éblouissante ! Jésus s'est plaint de ceux qui n'entendent pas de leurs oreilles ; il a exhorté ses disciples avec insistance : Que celui qui a des oreilles écoute !. Il montre ici que deux choses sont également nécessaires pour qu'un homme entende, et en entendant devienne vraiment homme : l'action énergique et guérissante des "doigts" de Jésus, et l'acte intérieur et libre par lequel l'homme consent, personnellement, à "s'ouvrir".
La guérison du sourd-muet va donc bien plus loin que la simple guérison physique du malade. Dieu, quand il guérit, va bien au-delà de nos espérances, parfois, il nous surprend même, il ne guérit pas comme nous nous y attendons, la patience et l'acceptation de la Volonté de Dieu entraîne une guérison en profondeur selon les yeux de Dieu, la guérison selon Dieu ne touche pas que le corps, elle va jusqu'aux tréfonds de l'âme. Cette vérité doit nous encourager à la patience, Dieu parfois prend le temps de guérir, d'exaucer, car il guérit et exauce plus profondément et quelque fois différemment de ce que nous voudrions, mais, qui sait regarder avec les yeux de Dieu verra que la guérison selon Dieu est tellement plus belle et profonde que celle voulue par les hommes, précisément du fait que le Seigneur respecte la liberté humaine, avec toutes les réticences, les peurs et les crispations que cette liberté implique. Oui, Dieu accepte de travailler dans les limitations que notre liberté lui impose, c'est bien pour cela que la guérison procède toujours de l'intérieur pour, ensuite seulement, guérir le corps et même transformer les circonstances extérieures. Certes, la guérison divine met le temps, le temps du respect de nos crispations, mais, elle est tellement plus solide et durable, tout simplement parce qu'elle se fait ainsi coopération avec l'homme. En effet, Dieu ne sauve pas l'homme malgré lui, mais bien avec lui. Voilà pourquoi on peut légitiment penser que la démarche du sourd-muet et de ses compagnons pour aller voir Jésus fut le fruit d'une réflexion préalable, qui intérieurement, par la grâce de l'Esprit, a permis la guérison extérieure du corps.
En touchant le sourd-muet, Jésus va donc guérir physiquement le sourd-muet, mais, il va faire bien plus, il va lui communiquer son écoute et sa parole. "Les oreilles du sourd-muet s'ouvrirent, sa langue se délia". Ouvrir, délier : le sourd-muet était en effet emmuré, le voici libéré. Belle image de l'oeuvre de libération que Jésus vient accomplir parmi les hommes, qu'ils soient juifs ou païens, c'est bien pour pourquoi Marc note que cette guérison se passe "en plein territoire de la Décapole" (cf. ci-dessus, verset 31). Comme on le voit, la guérison du corps du sourd-muet est doublée de la guérison de son âme, nous avons bien ici l'exemple de la profondeur de la guérison divine, qui, rappelons-le se caractérise par le respect de la liberté humaine, et, par conséquent, du temps nécessaire pour que la grâce établisse, dans la patiente acceptation de la liberté humaine, les conditions indispensables qui feront que la guérison soit acceptée librement en coopération avec le malade.
Enfin, il convient d'insister encore sur la symbolique des gestes de Jésus dans cette guérison. Remarquons que Jésus s'investit dans son corps, il mouille sa chemise, si l'on peut dire, précisément aux endroits où le malade souffre : les oreilles (surdité) et la bouche (le fait d'être muet). Voyons-y un signe que Jésus souffre avec nous, il n'ignore pas nos souffrances, il les porte avec nous, il sait très bien ce qui nous fait souffrir et où il faut nous guérir, que ce verset affermisse donc notre foi.
Mais, Jésus ne s'investit pas seulement dans son corps, il souffre surtout dans son âme, il partage la souffrance du malade jusque dans son âme, voilà pourquoi Jésus en disant effata va soupirer.
Le Christ communie à nos souffrances,
il est SOLIDAIRE
Ce soupir divin exprime toute la solidarité souffrante du Christ. Jésus ne guérit jamais comme un guérisseur professionnel pourrait le faire, c'est à dire de manière froide et indifférente, le Christ communie et porte la souffrance du malade jusqu'en son âme, et c'est cet amour solidaire qui est chez lui source du miracle et de la guérison. Cela doit être un exemple pour notre prière. En effet, ce soupir de Jésus est bien aussi une prière faite à son père, dans ce soupir il faut y voir également l'intercession toute compatissante de l'Homme Jésus. C'est à la mesure de l'amour que Jésus a su donner au sourd-muet, que celui-ci va éprouver la grâce salvatrice de Dieu. De même, dans nos prières, c'est à la mesure de l'amour solidaire et compatissant dont nous aurons su faire preuve dans nos intercessions que Dieu pourra utiliser ces demandes comme canaux de son Amour salvifique. Comme l'a dit Jésus lui-même c'est à la mesure que nous donnerons que nous recevrons (Marc 4, 24). Aussi incroyable que cela puisse paraître, Dieu ne veut sauver l'homme que par l'homme, c'est tout le sens de l'Incarnation, il fallait que Dieu se fasse homme pour que l'Homme parfait à l'image de Dieu, celui d'avant la chute, puisse sauver ses frères par son amour solidaire et respectueux de la liberté humaine.
L'intercession, moyen d'aimer et d'agir
Nous sommes nous aussi appelés à prolonger cette mission de Jésus Christ et à devenir des passerelles de l'Amour de Dieu pour nos frères par notre amour et nos intercessions toute aimantes (2 Corinthiens 4, 10-12 ; Colossiens 1, 24). Nous sommes ainsi comme des espaces de liberté où Dieu peut intervenir dans la vie des hommes tout en respectant la liberté humaine, puisque c'est par la demande d'hommes qu'il peut agir sur la vie d'autres hommes. C'est bien là tout le sens de la prière d'intercession : offrir à Dieu d'agir sur l'homme par l'homme, lui permettant par là d'intervenir dans le respect de la liberté humaine. Jésus, à cet égard, est le point de départ, le premier né de cette race humaine d'intercesseurs (1 Corinthiens 15, 20-23 ; Colossiens 1, 15.18), en tant qu'Homme, que nouvel Adam (Romains 5, 15-21 ; 1 Corinthiens 15, 42-48). Ici, l'exemple de Jésus en tant qu'intercesseur se trouve dans son investissement, car intercéder pour les autres, ce n'est pas simplement parler d'eux à Dieu, c'est soupirer pour eux, plus nous manifestons d'amour pour les personnes pour qui nous prions, plus l'espace de liberté, et donc la liberté d'action de Dieu, est grande chez ces personnes. Oui, c'est à la mesure de notre investissement à l'égard de ceux pour qui nous intercédons que Dieu pourra agir de plus en plus librement au nom, justement, de ce Dieu qui sauve l'homme par l'homme. Le Christ, dans ce passage, n'eût pas soupirer dans sa prière solidaire pour le sourd-muet, celui-ci n'eût pas été guéri. Notons en passant qu'un soupir peut être prière, point n'est besoin de longs discours ou de supers techniques. La prière n'est efficace que si elle gratuite et aimante, c'est aussi simple que ça.
Bref, ici, c'est l'Amour du Christ qui nous aime en son corps et en son âme qui seul peut nous guérir au-delà, ou même différemment, de ce que nous pouvons demander.

Versets 36-37 :

Ce qu'il convient de rappeler en premier lieu, c'est ce qui a déjà été dit à la page précédente dédiée à "l'introduction de l'Evangile de Marc" par rapport aux réticences de Jésus à être considéré comme le messie, étant donné l'ambiguïté de ce mot dans l'esprit de beaucoup de juifs (pour plus de renseignements, cliquez sur le lien ci-avant). Ensuite, il est important d'insister, en lisant ce verset, sur le fait que nous avons là un élément clé quant à la 'mentalité' et à la 'stratégie de Dieu'. En effet, à la lecture de ces deux versets, il devient clair que Jésus ne cherche pas son intérêt propre, il ne se sert pas de nous pour un quelconque 'coup de pub', si Jésus guérit, c'est bien par amour personnel pour le malade, et ce, même si cela peut lui apporter les ennuis d'une publicité bien indésirable. Jésus est bel et bien prêt à tout faire pour nous, tellement son Amour pour nous est grand. En fait, les recommandations du Christ n'ont pas d'autre but que de prévenir ces éventuels ennuis liés à cette publicité. Il est vrai qu'il faut parfois ne pas trop en faire en termes de paroles et préférer agir, l'impact est souvent plus profond quand le discours laisse la place à la prière et à l'action discrète qui en découle. C'est bien là tout le sens de l'aspiration de Jésus à la discrétion. Par ce désir de Dieu du discret, nous avons un des secrets de Dieu : Dieu, par respect de notre liberté, ne veut agir que dans la discrétion de nos coeurs, lentement, doucement, sans bruit ni publicité, dans l'acceptation de nos réticences et de nos peurs. Dieu ne travaille pas sur du quantitatif d'abord, il travaille dans la profondeur de notre intérieur. Si nous comprenons, nous aussi, que la prière, la patience et le respect de l'autre sont les armes de Dieu, alors, nous nous ferons canaux et outils plus efficaces pour le Seigneur. Accepter les limites que nous impose le respect des lenteurs et des pesanteurs inhérentes à la liberté humaine, c'est adopter le mode d'action de Dieu, et nous ouvrir par la même à une vraie collaboration avec Dieu, à l'image de l'homme Jésus. Dans ces conditions, les fruits à plus ou moins long terme seront au-delà de nos espérances humaines. Comme dans le verset 37, les gens seront frappés et trouveront admirables les fruits de Dieu. En effet, le travail de Dieu est certes discret et peu spectaculaire en apparence, il n'en demeure pas moins que l'impact n'en est que plus profond. Chercher le résultat à court terme par des actions plus brusques, à la mode des hommes, sera loin d'atteindre la profondeur d'un travail fait en Dieu. Soyons en convaincus, tout comme Jésus l'était, lui qui ne chercha pas la popularité ou le succès par ses propres moyens, s'en remettant à l'Amour de Dieu pour le prochain, se faisant ainsi l'icône de Dieu dans la chair, oui, si nous nous laissons habiter par l'Esprit pour devenir le temple de Dieu (cf. 1 Corinthiens 3, 16), alors, effectivement, nous pourrons également guérir beaucoup de sourds-muets, conduisant ainsi bon nombre à s'interroger et à s'ouvrir à l'action de Dieu. Cette ouverture qui répond au besoin de guérison et de libération du péché chez l'homme, et qui prend ses racines dans la nuit des temps, à l'image de ces gens qui sans le savoir citent les Ecritures, se fait ainsi l'écho de centaines de générations. Depuis le début de l'humanité, l'homme attendait un sauveur, les sourds-muets que nous étions avions soif d'être guéris, et voici Jésus qui répond à l'antique prophétie, reprise inconsciemment par les païens de ce récit :
Il fait entendre les sourds et parler les muets
Marc 7, 37
Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, la bouche du muet criera de joie
Isaïe 35, 5-6

En conclusion, les miracles de Dieu sont à l'image de celui-ci, ils sont provoqués par l'amour et la solidarité des hommes entre eux, ouvrant par là le chemin à l'Amour du Christ qui vient toujours à notre rencontre où que nous soyons, nous aimant d'une manière unique, pour nous-mêmes. Cet Amour nous fait revivre, grâce à lui, nous pouvons écouter, cessant d'être sourds aux autres, et nous pouvons prendre confiance en nous, Jésus ayant délié notre langue pour sa plus grande gloire. Ces miracles divins sont d'autant plus efficaces qu'ils ont été bâtis dans le respect absolu de notre liberté et de notre consentement, loin du battage publicitaire et de la manipulation.



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