 
(3èmeCOMMENTAIRE / suite)
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| TABLE DES MATIERES DES 3 PAGES DU COMMENTAIRE : |
- Introduction au livre de Zacharie
- Introduction du passage
- Le texte biblique
- Commentaire globale (= les idées forces)
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PAGE 2 :
- Commentaire détaillé
(Chap 4, 1-14)
Pour lire le commentaire du chapitre 3, 1-10, cliquez ici
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- courts commentaires patristiques sur le passage
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2 conseils pratiques pour mieux lire cette page
- Pour profiter à plein de ce commentaire, il vous est conseillé de prendre une Bible à côté de vous. Cette Bible vous permettra de chercher et de lire les références bibliques indiquées tout au long de cette page (Pour savoir comment chercher un passage dans la Bible → cliquez ici).
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COMMENTAIRE DETAILLE : (suite et fin)
PLAN DE L'EXPOSE / TABLE DE LIENS : |
SUR LA PAGE PRECEDENTE (Chap 3, 1-10)
- INTRODUCTION
- VERSETS 1-2 : l'Ange du Seigneur, transcendance de Dieu, Satan, la culpabilité, le travail de Dieu en nous
- VERSETS 3-5 : le pardon de Dieu, la joie chrétienne, la puissance de la prière, l'intercession, la conversion
- VERSETS 6-7 : notre coopération, les commandements de Dieu, notre place dans l'Eglise, le Ciel
- VERSET 8 : notre regard sur l'Eglise, les frères, les signes, l'exaucement, les aides à la prière
- VERSETS 9-10 : le messie, la fin des temps, pardonner, rapports prière-action, l'unité de la Bible, la Trinité, la Toute-Puissance de Dieu et l'amour, l'exaucement et sa rapidité, la puissance de l'intercession, les armes de Dieu - les armes du monde, l'exaucement selon Dieu
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SUR CETTE PAGE (Chap 4, 1-14)
- VERSET 1 : lire les événements avec le regard de la foi, nécessité d'une relation personnelle avec le Christ, importance de la Bible, comment lire la Bible, rapports Bible - Tradition
- VERSETS 2-3 : qu'est-ce qu'une vision, foi-amour et raison, qu'est-ce que l'Eglise, la place des chrétiens dans le monde, nécessité de la prière dans l'action, combat intérieur entre notre égoïsme et notre soif de Dieu, la grâce libératrice du Christ
- VERSETS 4-6a : la prière et la Bible comme moyens de voir avec les yeux de Dieu, la Bible et la juste façon de la lire, les auteurs bibliques et l'inspiration divine, le Coran
- VERSETS 10b-11 : la puissance et l'amour de Dieu, l'aide de Dieu nous est promise, agir dans la prière, la patience et l'amour
- VERSETS 12-14 : politique et religion, comment rendre Dieu plus présent au quotidien, la prière et l'action, deux grands types de prière, les temps de prière dans la journée
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(Comme il a été dit à la page précédente, le commentaire qui va suivre s'inspire de la méthode de lecture biblique présentée dans le cadre de la règle de prière exposée sur ce site (voir 'Accueil' pour la règle de prière). Si vous désirez plus de renseignements sur cette méthode de lecture biblique, rendez-vous, en bas de la colonne de gauche, au lien vers le document Word 97 : 'Méthode de lecture biblique'.)
Nous pouvons distinguer avec ces versets, comme pour les versets suivants d'ailleurs, deux niveaux d'interprétation :
- une interprétation qui s'arrête davantage sur la littéralité du texte biblique.
- une interprétation plus intérieure, voire psychologique en certains endroits.
Quand il y aura lieu de distinguer les deux niveaux d'interprétation, le changement d'interprétation sera signalé par le point rempli · pour l'interprétation dite 'littérale' (voir ci-dessus) et par le point non rempli ° pour l'interprétation dite 'intérieure' (voir ci-dessus). Quoiqu'il en soit, il est essentiel d'insister sur le fait que ces deux interprétations ne se contredisent en aucun cas, elles sont en réalité complémentaires. A bien y réfléchir, peut-il en aller autrement de commentaires bibliques qui se veulent inspirés par l'esprit de la Tradition de l'Eglise ?
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Voir avec les yeux de Dieu, c'est espérer par-delà la morosité de certains jours |
Ce verset souligne un aspect qui malheureusement n'est que trop vrai dans nos vies. Bien souvent, nous sommes comme endormis, à l'instar des apôtres qui ne purent veiller une heure avec le Seigneur dans le jardin des oliviers (Mt 26, 36-41). En effet, nous n'avons pas ce qu'on pourrait appeler la "vision", en d'autres termes, nous n'avons pas la bonne perception de ce qui nous arrive dans la vie. Nous n'avons pas la bonne grille de lecture. Ici, le sommeil d'où il nous faut être tirés représente notre engluement dans une vision trop matérielle et terrestre des événements. N'oublions jamais de porter un regard spirituel sur la vie et ses aléas. Comme le dit St Paul, le vrai combat se joue ailleurs qu'en ce monde, il se situe dans le monde invisible (Ep 6, 11-12), celui de la prière. Ainsi, une personne est-elle en apparence hostile à la foi ? Ce n'est peut-être qu'une réaction de défense à l'action de la grâce qui se fait plus forte en elle, dans ce cas, au lieu de se décourager, l'espoir est de rigueur, car la victoire est proche. Les plaies d'Egypte ne se firent-elles pas de plus en plus pressantes au fur et à mesure que Pharaon s'endurcissait (Exode 5-12) ? Nous connaissons la suite : la libération (Ex 13 + 14-15). Aussi souvenons-nous que malgré les apparences, Dieu travaille dans le coeur de nos frères, comme, d'ailleurs, il est à l'oeuvre en ce monde. Pour le voir, il suffit d'avoir les 'bonnes lunettes'. La seule façon d'avoir la bonne vision est de nous laisser réveiller par l'ange, c'est à dire de nous laisser guider par la méditation de la Bible et d'y répondre par la prière - la Parole de Dieu et la prière étant une fenêtre ouverte sur l'invisible, monde de Dieu et des anges. Si nous laissons notre vue s'acclimater à l'idée que tout se joue dans le monde invisible, alors, nos prières et leur exaucement seront le moteur de notre espérance en dépit des apparences parfois trompeuses. Car, comme nous l'avons déjà signalé, Dieu respecte les libertés et les réticences humaines, ce qui explique certaines lenteurs dans les exaucements. Ayons toujours présent à l'esprit ce fait, c'est ainsi que nous apprendrons la persévérance et la patience. De plus, une vision plus spirituelle nous rapproche davantage de Dieu ; cela nous fera prendre conscience que Dieu sait mieux que nous ce qu'il nous faut (Mt 6, 8), et, par conséquent, l'idée que Dieu, parfois, exauce nos prières d'une manière déroutante, parce que plus profonde, ne nous sera pas un scandale, bien au contraire.
Je disais donc que nous laisser réveiller par l'ange, nous laisser tirer de notre sommeil, ne s'obtient que par la fréquentation régulière de la personne de Dieu par l'intermédiaire de son Fils Jésus. Entretenir une relation personnelle avec le Christ est la clé du réveil. Cette relation ne peut s'acquérir que par des moments  d'intimité avec le Seigneur. Ces moments d'intimité ne sont pas autre chose que des temps de prière que nous consacrons à notre Ami. Alors, tout comme la fréquentation de l'être aimé transforme notre façon de penser (il suffit d'avoir été amoureux pour le savoir), la fréquentation de la personne de Jésus transformera notre regard et notre vie. A cet égard, il est utile de signaler que la Bible associe souvent la Parole-Jésus (Parole vivante de Dieu) à la Parole écrite (Les Ecritures ou Bible) (cf. Jn 1, 1.14 ; Jn 5, 39 ; Rm 10, 17 ; 1 jn 1, 1 ; Ap 19, 11-13 + Jn 17, 17 et Jn 14, 6 où le Christ affirme que la Parole de Dieu est vérité, après s'être proclamé, lui-même, chemin, vérité et vie), ce qui est lourd de conséquence. En effet, le message est clair, si nous voulons regarder le monde avec les yeux du Christ et de la foi, il nous faut fréquenter la Parole de Dieu assidûment. Nous ne pouvons faire l'économie d'une lecture méditative, priante et régulière de la Bible, Parole de Dieu (Ep 6, 16-17). St Jérôme (docteur de l'Eglise) disait qu'ignorer les Ecritures, c'était ignorer le Christ, combien cette parole est vraie.
La Bible est, en quelque sorte, une boussole, une carte vers l'invisible, vers cette réalité qui nous dépasse : le monde de Dieu et des anges. Fréquenter la Bible, c'est s'ouvrir à la présence de Dieu par son Fils Jésus Christ, centre du message biblique (Lc 24, 27 ; Jn 5, 39 ; Jn 20, 30-31). A ce sujet, il n'est pas innocent d'appeler la Bible : Parole de Dieu. Cette appellation nous révèle la fonction de la Bible, elle est le premier lieu où Dieu nous parle. Ensuite, avec la Parole de Dieu comme guide, nous serons mieux équipés pour lire les événements et voir les 'signes-clins d'oeil' que Dieu nous fait tout au long de nos journées. Ainsi, on peut affirmer à juste titre que la Bible représente les lunettes dont je parlais plus haut, ces lunettes qu'il nous faut chausser pour voir la vie autrement, la voir avec les yeux de Dieu. Permettez-moi de faire ici une ultime remarque à propos de la lecture de la Bible. Lire la Bible nécessite une période d'adaptation. Tout comme pour des lunettes, un certain temps d'acclimatation est nécessaire à nos yeux. C'est à ce moment que la Tradition de l'Eglise est utile, elle nous aide à ce rodage (cf. Ac 8, 26-38, notamment les versets 30-31, où Philippe, représentant de l'Eglise, explique l'Ecriture).
Si voulez davantage d'aide pour lire la Bible, vous pouvez consulter ces pages du site : La lecture de la Bible, présentation de la Bible, comment lire la Bible, la Tradition, la Bible et la Tradition, sans oublier la pratique de la lecture biblique dans le cadre de la méthode ou règle de prière exposée sur ce site, cf. page d'accueil ; voir aussi ci-contre le lien : Méthode de lecture biblique.
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| VISION |
Remarquons tout d'abord que dans le verset 2, Dieu parle par une vision. Ce moyen de communication est souvent utilisé dans la Bible, il suffit de lire, entre autres, Ezéchiel, Daniel ou bien encore l'Apocalypse, sans compter les nombreux passages où Dieu avertit les hommes, précisément par l'intermédiaire de rêves ou de visions (cf. Joseph - Gn 37, 5-7 ; 40-41 + Mt 2, 13, etc...). Qu'est-ce à dire ?
Par les songes ou les visions - qui ne sont en définitive que des rêves éveillés -, il faut y voir la volonté de Dieu de communiquer avec nous dans l'intimité de la nuit, c'est à dire du coeur. Dieu, en effet, s'adresse à notre coeur avant de s'adresser à notre intellect raisonneur. Ce n'est pas un tête à tête que le Seigneur désire, mais bien un coeur à coeur. Il nous faut par conséquent faire le saut de la confiance (i.e. de la foi) et de l'amour si l'on veut vivre en intimité avec notre Ami. Il ne s'agit donc pas de raisonnements ou de preuves. En fait, la direction divine s'obtient plus par la prière et la méditation spirituelle et priante des Ecritures que par des arguments raisonnés ou bien encore une lecture intellectuelle de la Bible. La raison est au service de la foi, elle peut donc nous aider à mieux saisir ce que Dieu nous dit dans l'intimité du coeur à coeur, mais elle ne vient que comme aide, elle n'est pas première. Raisonnons-nous d'abord avant d'aimer ? Nous aimons nos conjoints ou nos enfants avec le coeur, le raisonnable ne vient qu'ensuite. C'est avec le coeur que nous aimons en premier lieu, et non avec l'intelligence. Nous pouvons certes aimer d'une manière intelligente, mais l'amour est premier. Nous savons bien que les premiers temps de l'amour sont faits de passion, pour ensuite laisser le pas à un amour plus profond et plus 'raisonnable'. Avec Dieu, la vision signifie la même chose. C'est l'amour qui prime, l'intimité de deux personnes qui s'aiment. Avec l'approfondissement de notre foi, la raison vient ensuite donner de l'épaisseur à notre engagement, à notre oui amoureux que nous avons dit à Dieu le jour de notre conversion.
En conclusion, le fait que Dieu parle par une vision met en relief l'abandon dont nous devons faire preuve face à Sa volonté, un abandon qui n'est possible que par notre confiance, notre foi et notre amour. Mais le J' dans J'ai une vision, nous montre aussi que nous avons toute notre tête dans la rencontre, dans notre engagement. De plus, une vision, par rapport à un songe, sous-entend que nous sommes éveillés, c'est donc librement, en âme et conscience, que nous communiquons avec notre Bien-aimé divin.
Nous avons maintenant la mention d'un chandelier d'or, muni d'un réservoir à la partie supérieure et, tout en haut, de sept lampes et de sept becs pour ces lampes, avec deux oliviers à droite et à gauche du réservoir.
· Voilà bien une vision étrange, que seule une lecture approfondie et spirituelle peut nous aider à saisir :
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| Aimer l'Eglise en la servant |
le chandelier d'or est l'Eglise. Le réservoir, dans cette perspective, est à considérer comme une précision de ce qu'il faut entendre par 'Eglise'. Ainsi, le réservoir renvoie à un réservoir d'hommes ouverts à la grâce et à l'action de Dieu. Aussi l'Eglise, avant d'être l'institution, est-elle à voir comme l'ensemble des croyants, ceux qui sont ouverts à la présence de Dieu. Ce terme de réservoir nous engage donc tous. Nous sommes l'Eglise. Servons l'Eglise, agissons en son nom pour nos frères, au lieu de critiquer les défauts de l'institution, même s'ils sont parfois bien réels. Dieu a besoin de témoins, non de mécontents grognons. En servant l'Eglise et en l'aimant, nous la transformerons de l'intérieur, tout comme nous sommes appelés à changer nos frères humains en les aimant.
- Le réservoir et le chandelier nous conduisent tout naturellement aux sept lampes. Ces lampes représentent en fait la lumière de Dieu qui brille en ce monde par notre intermédiaire. La lumière divine ne brille que par le chandelier - l'Eglise - alimenté par sept becs, eux-mêmes alimentés par le réservoir - nous dans l'Eglise. Cela ne peut pas ne pas nous rappeler cette parole de Jésus qui qualifie les chrétiens de lumière du monde (Mt 5, 14-16). Dans ce passage de Matthieu 5, Jésus nous dit aussi qu'il nous faut briller aux yeux des hommes, nous ne devons pas garder cette lumière pour nous, une lumière n'est-elle pas faite pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres ? De fait, nous, chrétiens, avons la responsabilité de transmettre la lumière divine. Dieu a besoin de nous. Le Seigneur ne veut pas agir contre la liberté humaine, c'est pourquoi il veut passer par des hommes pour sauver d'autres hommes. Nous savons - voir ce qui a été dit plus haut - que c'est par l'intercession et l'amour que nous sommes amenés à agir pour nos frères. C'est donc par ces deux moyens que nous les éclairerons.
- Il nous reste à voir maintenant ce que sont les sept becs. Ces becs, en fait, peuvent symboliser l'action de l'Esprit (cf. plus haut les sept esprits de Dieu dans l'Apocalypse). Ces sept becs nous rappellent que la lumière de l'Eglise - les sept lampes - ne peut briller dans le monde que si le réservoir - nous - passons par les becs que sont l'Esprit et sa grâce. Nous ne pouvons prétendre briller sans l'aide de Dieu. Il nous faut pour aimer passer par la prière, recevant ainsi l'aide et la force de l'Esprit divin. Cela explique pourquoi notre action doit être soutenue et nourrie par la prière et l'intercession. Notre action n'est en réalité que le relais de l'action de l'Esprit. Sans les becs, il n'y a pas de lumière.
- Quant aux deux oliviers, nous traiterons de leur interprétation plus tard.
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- le chandelier d'or est la présence de Dieu en nous, l'étincelle divine qui nous habite.
- Le réservoir est la partie 'pro-Dieu' en nous. C'est donc notre liberté offerte à Dieu. Nous constatons en effet souvent qu'il y a en nous deux parties, celle qui se refuse à Dieu, c'est notre moi égoïste, et celle qui veut obéir et aimer Dieu, c'est notre réservoir de sympathie et d'amour pour Dieu. La lutte entre ces deux parties est souvent âpre, il nous suffit d'écouter St Paul pour s'en convaincre :
Effectivement, je ne comprends rien à ce que je fais : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que je hais, je le fais.
Or, si ce que je ne veux pas, je le fais, je suis d'accord avec la loi et reconnais qu'elle est bonne ;
ce n'est donc pas moi qui agis ainsi, mais le péché qui habite en moi.
Car je sais qu'en moi-je veux dire dans ma chair-le bien n'habite pas : vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir,
puisque le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais.
Or, si ce que je ne veux pas, je le fais, ce n'est pas moi qui agis, mais le péché qui habite en moi.
Moi qui veux faire le bien, je constate donc cette loi : c'est le mal qui est à ma portée.
Car je prends plaisir à la loi de Dieu, en tant qu'homme intérieur,
mais, dans mes membres, je découvre une autre loi qui combat contre la loi que ratifie mon intelligence ; elle fait de moi le prisonnier de la loi du péché qui est dans mes membres.[...]
Me voilà donc à la fois assujetti par l'intelligence à la loi de Dieu et par la chair à la loi du péché.
(Romains 7, 15-23.25b)
- Que faire pour remporter cette lutte entre le moi égoïste et orgueilleux, d'une part, et notre désir de vivre pour Dieu et nos frères, d'autre part ? Comment nourrir notre réservoir qui permettra à la présence divine en nous de s'épanouir jusqu'à briller aux yeux des hommes ? Dans ce même passage St Paul nous fournit la réponse :
Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort ?
Grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ, notre Seigneur ! (Romains 7, 24-25a)
Qu'est-ce à dire ?
Ce passage nous invite à rendre la grâce à qui de droit. Nous sommes invités à prendre conscience du fait que notre délivrance ne peut pas venir de nous-mêmes, mais de la grâce Dieu. Or, la grâce de Dieu s'est exprimée pleinement sur la Croix par son Fils Jésus. Je dirais même plus, elle s'exprime toujours pleinement et éternellement par son Fils qui continue de nous sauver par son intercession aimante (He 7, 24-25). Jésus est la grâce de Dieu pour la création (Ac 4, 12), il est la grâce divine faite homme, venue nous rejoindre en notre humanité, descendue habiter parmi et en nous (Jn 1, 14). Jésus, ici, peut, à juste titre, être identifié aux sept becs (cf. plus haut l'Agneau aux sept cornes et aux sept yeux dans l'Apocalypse). Il est la voie qui permet à notre désir de communion avec Dieu de s'épanouir. Il est le passage qui nous libère et qui rend possible le développement de notre réservoir. Le parallèle entre Jésus et la voie s'éclaire, d'ailleurs, au regard des Actes des Apôtres, où les disciples avant de s'appeler chrétiens se disaient adeptes de la Voie (Ac 9, 2 ; 19, 9 ; 22, 4). Dire du Christ qu'il est le passage vers la liberté nous renvoie au passage de la mer rouge, où les Hébreux sont libérés de l'esclavage (Ex 14 ; 1 Co 10, 1-2). Laissons notre désir de servir et d'aimer Dieu passer par les sept becs. Faisons confiance à la grâce du Christ, qui seule peut permettre à 'notre personnalité en Dieu' - notre partie 'pro-Dieu', notre réservoir - de se développer. Seul le Christ peut donner leur pleine puissance à nos actions et à notre amour. Lui seul peut nous apprendre à aimer Dieu et nos frères.
- C'est ici que les deux oliviers prennent toute leur importance, mais nous verrons ça plus tard (cf. versets 12-14).
L'interprétation ne diffère guère de celle du verset 1. Ici, l'étonnement de l'ange devant la lenteur d'esprit du prophète clarifie même l'interprétation. Rappelons brièvement ce que nous avions dit au verset 1, à savoir que nous sommes si lents à comprendre le sens de ce qui nous arrive ou de ce qui arrive dans le monde, du fait d'une véritable myopie spirituelle. Il ne nous est plus naturel de voir avec les yeux de Dieu. C'est une des conséquences du péché originel, péché qui a marqué le point de départ de notre éloignement de Dieu. La vie quotidienne et matérielle nous englue tellement que nous en oublions de lever la tête vers le Ciel pour prendre de la hauteur. Ce serait pourtant si salutaire. Il faut donc insister une fois de plus sur le fait que la prière est essentielle pour appréhender correctement la vie, elle nous donne ce recul qui nous permet de relativiser, précisément, en voyant avec les yeux de Dieu. De même, la lecture priante de la Bible est un moyen royal pour nous élever. La lecture de la Bible, quand elle est guidée et nourrie par la prière, nous fournit la clé pour lire les événements et agir en conséquence (à l'instar de Josué dont l'interprétation du songe va se faire spirituelle parce que guidée par l'ange). Je ne m'étalerai pas davantage, je vous renvoie, si besoin est, au commentaire du verset 1 du chapitre 4, ci-dessus.
Notons enfin la bienveillance de l'ange qui n'hésite pas expliquer le sens de la vision au prophète quand celui-ci le lui demande. Quel Dieu merveilleux avons-nous là, qui ne perd jamais patience et sait se faire pédagogue. Ne nous décourageons jamais devant notre faiblesse, le pardon et la miséricorde sont comme les deux mains de Dieu qui nous relèvent et nous soutiennent.
Plus concrètement, n'utilisons pas d'excuses du style : la Bible, c'est trop compliqué, ce n'est pas pour moi. Dieu est là prêt à nous expliquer le sens de ce que nous lisons. N'hésitons pas à le prier de nous guider dans la lecture de tel ou tel passage et acceptons de ne comprendre que ce que nous pouvons comprendre. Dieu nous révèle son message à la mesure de notre avancement et de notre sensibilité, il ne faut donc pas essayer de 'forcer' l'interprétation d'un passage qui nous semble difficile. 'Forcer' l'interprétation, c'est faire, par exemple, plus appel au raisonnement intellectuel qu'à la prière. Que faites-vous ou feriez-vous devant un passage de la Bible qui vous paraît obscur : essayeriez-vous de redoubler de prière ou de vous acharner à comprendre par le raisonnement ? En dernier lieu, n'oublions pas que Dieu n'a pas la même notion du temps que nous (cf. 2 Pi 3, 8), il ne se presse pas en nous faisant violence. Dieu prend le temps de respecter nos libertés et nos limites, ce qui veut dire qu'il faut parfois accepter de ne pas comprendre tout tout de suite. La prière devant la Parole de Dieu peut quelques fois nous conduire à la sagesse de nous rendre compte qu'il est nécessaire de laisser du temps à la Parole de Dieu pour faire son chemin. Il arrive en effet que certains passages s'éclairent progressivement sur des années. Ainsi, un passage qui nous paraissait obscur peut nous paraître limpide des années plus tard, l'Esprit ayant travaillé dans l'intervalle. Comme je l'ai déjà souligné plus haut au sujet de l'intercession, notamment, Dieu prend le temps d'agir en respectant ce que nous sommes, il ne veut pas nous imposer une explication que nous ne sommes pas encore en état de comprendre, ou pour revenir à l'intercession, Dieu ne veut pas non plus imposer sa présence à qui que ce soit, alors, il prend le temps de travailler avec le temps pour que tout mûrisse et que par là notre adhésion, ou celle de ceux pour qui nous prions, soit rendue possible. Pour en revenir à l'interprétation de la Bible, remercions le Seigneur, dont la patience ne vise qu'une seule chose : que nous puissions comprendre avec notre coeur, notre intelligence et notre raison ce qu'il a à nous dire. Que ce Dieu est grand, lui qui ne brusque personne. Sa puissance est justement dans sa patience ( cf. 2 Pi 3, 9). Soyons-en sûrs, notre humilité sera récompensée quand, après avoir eu la sagesse de prier et d'attendre, nous comprendrons certains passages que nous jugions difficiles, voire révoltants, et ce, peu importe le temps que cela prendra. Il vaut mieux comprendre que de se laisser imposer une interprétation, qui ne pourra pas pénétrer en profondeur notre coeur. Dieu nous respecte trop pour nous parachuter sa parole, il veut notre adhésion en profondeur, ce qui explique pourquoi il ne veut pas faire l'économie du temps. Jésus ne dit pas autre chose en Jean 16, 12-13 :
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.
Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité [...]
Pour nous aider à encore mieux saisir, souvenons-nous de la fierté légitime que nous avons quand nous avons accompli quelque chose par nous-mêmes - même si nous avons dû nous faire aider. Aurions-nous cette fierté si tout avait été fait à notre place ? La vue n'est-elle pas plus belle quand l'ascension s'est faite avec un minimum d'effort, plutôt qu'avec un téléphérique ? Dieu veut la coopération de notre personnalité - coeur et raison - quand il veut nous faire contempler sa Parole, son Message et sa Vision pour nous et pour l'humanité, quel que soit le temps nécessaire. Cet amour respectueux de Dieu peut d'ailleurs nous expliquer pourquoi les auteurs bibliques ne sont pas considérés comme des marionnettes auxquelles Dieu aurait dicté son message sans effort de leur part. Les auteurs bibliques ont conservé leurs talents artistiques et leurs limites scientifiques au moment d'écrire le message que Dieu leur confiait. La Bible est le résultat de la coopération entre Dieu et l'homme et non l'imposition par Dieu d'un message parachuté sans trace d'humanité. Les conséquences en sont lourdes : la Bible ne peut pas être prise au pied de la lettre, elle nécessite un effort d'interprétation, effort qui se veut d'abord humble et priant, comme nous venons de le dire. La Bible n'est pas de l'écriture automatique, ce n'est pas du 'fast food' spirituel ou un livre de recettes pré-mâchées, comme certains fondamentalistes voudraient nous le faire croire. Nous ne pouvons attendre de la Bible des vérités scientifiques, puisque Dieu a tenu compte de la maturité intellectuelle des auteurs bibliques avec qui il coopérait. Nous devons également avoir présent à l'esprit le milieu culturel dans lequel baignaient les auteurs humains de la Bible, leurs légendes, leurs visions parfois guerrières des choses, etc...
En conclusion, écoutons le concile Vatican II, dans sa constitution Dei Verbum :
Pour la rédaction des Livres saints, Dieu a choisi des hommes ; il les a employés en leur laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils transmettent par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela seulement.
 Le Coran descend du ciel et s'impose à l'homme |
Soit dit en passant, cela pose un sérieux problème pour le Coran, dont la conception est aux antipodes de ce que nous venons de dire pour la Bible. Le Coran est vu, tout particulièrement par les salafistes, comme un livre parachuté du ciel, qui ne donne pas lieu à interprétation, tout est à prendre littéralement, les passages violents comme le reste...
Si l'on veut résumer les différences de conception entre la Bible et la Coran, voici ce que l'on peut dire :
La Bible est un livre dont le message fut inspiré aux auteurs, le Coran serait un livre dicté à un homme. |
 La Bible est le fruit de l'inspiration divine utilisant les talents des hommes |
Si voulez davantage d'aide pour lire la Bible, vous pouvez consulter ces pages du site : La lecture de la Bible, présentation de la Bible, comment lire la Bible, la Tradition, la Bible et la Tradition, sans oublier la pratique de la lecture biblique dans le cadre de la méthode ou règle de prière exposée sur ce site, cf. page d'accueil) ; voir aussi ci-contre le lien : Méthode de lecture biblique.
Associer les sept lampes (= nous, les chrétiens éclairant le monde) aux yeux de Dieu est un moyen d'appuyer ce qui a été dit plus haut, c'est à dire que Dieu veut agir par notre intermédiaire. Mais, il y a plus. Remarquons de nouveau que le chiffre 7 est mentionné. Comme nous l'avons déjà vu, 7 dans la Bible est synonyme de perfection, de plus, ces 7 lampes renvoient bien à Dieu en nous renvoyant aux 7 yeux de Dieu surmontant la pierre qui a été donnée à Josué (cf. chapitre 3, verset 9). Dire, par conséquent, des 7 lampes qu'elles sont les 7 yeux de Dieu, c'est, certes, faire de nous les envoyés de Dieu, ceux qui agissent en son nom - quelle responsabilité ! -, mais c'est aussi une promesse de la part de Dieu qu'il nous aidera dans notre mission de témoignage d'amour, de prière et, parfois, d'évangélisation explicite. Si Dieu veut faire de nous des lampes, il nous soutiendra de ses yeux. Notons enfin que l'omnipotence et l'omniscience de Dieu sont soulignées par le fait qu'il est dit des 7 yeux qu'ils inspectent toute la terre. Sommes-nous effectivement convaincus que l'aide de Dieu nous est promise, quelles que soient les circonstances et les difficultés rencontrées ? Certes, Dieu agit avec patience, il respecte les libertés et donc les réticences des hommes, d'où les revers et les refus apparents que nous devons si souvent essuyer dans notre service de Dieu, ou bien encore  |
Dieu agit parfaitement et efficacement dans la patience |
les exaucements si lents à venir par rapport à la conversion de telle ou telle personne ou de telle ou telle partie de notre être. Mais, il n'en reste pas moins que les 7 yeux de Dieu agissent parfaitement et efficacement, ce n'est qu'une question de temps avant la victoire de Dieu sur nos oppositions ou celles de nos frères (Ap 6, 10-11). Souvenons-nous bien de ces yeux de Dieu qui inspectent la terre, quand nous faisons face à des difficultés. Rien de ce qui nous arrive n'échappe au regard puissant et amoureux de notre Seigneur, que ceci nous encourage à la patience. La patience est la soeur de la prière, elle est notre confiance en Dieu traduite en acte dans la vie de tous les jours. En effet, que nous reste-t-il d'autre après la prière que l'attente confiante de son exaucement ? Quant à l'amour, il est frère de la patience, il est celui qui la justifie et l'épaule, étant bien entendu que notre patience doit être enracinée dans l'amour de Dieu et l'amour de nos frères : amour de Dieu, c'est à dire, confiance en l'exaucement de nos prières et humilité devant la façon dont le Seigneur exaucera cette prière ; amour de nos frères qui se nourrie de l'espérance qu'il n'est pas vain, puisqu'il est reflet de l'amour de Dieu agissant et inspectant les profondeurs des coeurs jusqu'à faire jaillir la victoire divine librement acceptée par l'homme.
Le verset 11, lui, met en relief, une fois encore, la patience de Dieu devant nos lenteurs. Face à cette patience de Dieu, adoptons l'attitude de Josué qui ne craint pas d'insister pour comprendre. La prière est faite de persévérance et d'insistance (Gn 18, 16-33 ; Luc 11, 5-13 ; Lc 18, 1-8), c'est là notre réservoir qui permet à la patience de Dieu de prendre toute sa densité et toute son efficacité. Car ne l'oublions pas, Dieu ne veut sauver l'homme que par l'homme, ce n'est qu'à ce prix que l'homme peut être sauvé en toute liberté, Dieu l'a payé de son Fils qui s'est fait homme pour nous sauver dans notre humanité et, donc, dans notre liberté. Dans cette optique, nous sommes appelés par notre prière, notre persévérance, notre patience et notre amour à être relais de l'amour de Jésus pleinement manifesté sur la Croix (Col 1, 24).
Cette insistance à vouloir saisir la vision se fait plus forte au verset 12 où Josué pose la même question une deuxième fois : Que représentent ces deux (branches) d'olivier ...?, elle atteint son paroxysme au verset 13 quand l'ange, si l'on peut dire, pousse Josué dans ces derniers retranchements.
Comme il vient d'être dit aux versets 10b-11, cette insistance et cette persévérance de Josué vont être payantes puisque Josué va recevoir l'interprétation. Ainsi, nous pouvons voir que Dieu répond toujours à une demande - à une prière -, ce n'est qu'une question de temps et d'humilité (i.e. sagesse d'accepter le moment choisi par Dieu et la façon dont il veut répondre). Aussi, cela rejoint-il non seulement ce que nous venons dire aux versets 10b-11, mais aussi ce que nous avons dit plus haut sur la compréhension de passages difficiles de la Bible.
Passons maintenant à la réponse de Dieu sur les deux oliviers, il est temps d'expliquer ce qu'ils symbolisent.
Les deux oliviers au verset 14 font clairement référence à deux hommes au service de Dieu (ceux qui se tiennent devant le Maître de toute la terre). Ces deux branches d'olivier sont d'une importance capitale, ce sont elles, en effet, qui par deux conduits en or vont fournir l'huile doré nécessaire au réservoir, qui, rappelons-le alimentera les lampes. En d'autres termes, les deux oliviers sont l'alimentation en carburant du réservoir du chandelier, sans eux pas de lumière. Mais, alors qui sont ces deux hommes si importants ?
Il faut pour le savoir se souvenir de ce qui a été dit dans la page d'introduction au livre de Zacharie (cf. 4 Le contexte historique + la partie consacrée au messie et aux espoirs messianiques suscités par la présence du gouverneur Zorobabel, descendant lointain du roi David). A la lecture de cette introduction, il apparaît clairement que les deux piliers du retour de l'exil était le grand-prêtre et le gouverneur, à savoir Josué et Zorobabel. Au vu de ce que nous venons de dire il n'est plus difficile de faire le rapprochement entre les deux oliviers d'un côté et Josué et Zorobabel de l'autre, d'autant qu'un des personnages centraux de ce passage de Zacharie 3, 1 à 4, 14 se trouve précisément être Josué. L'identification de Zorobabel avec un des oliviers est elle aussi grandement facilitée par les versets 6b-7 (non commentés ici) :
Telle est la parole du Seigneur à l'intention de Zorobabel : Ni par la bravoure, ni par la violence, mais bien par mon Esprit, déclare le Seigneur, le tout-puissant. Qu'étais-tu, toi, grande montagne ? Devant Zorobabel, tu es devenue une plaine d'où il a dégagé la pierre principale aux cris de 'bravo, bravo pour elle !'
Ainsi, nous voyons bien que Josué et Zorobabel sont effectivement les deux personnages principaux des chapitres 3 et 4. Combiné à l'introduction au livre de Zacharie, il devient, par conséquent, très aisé d'identifier les deux oliviers à Josué et Zorobabel. En quoi cela nous aide-t-il ?
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| LA LAÏCITE |
Cette identification est des plus éclairante si l'on veut bien se souvenir que Josué est grand prêtre et Zorobabel gouverneur. Nous avons certes là une allusion au ministère sacerdotal et royal du messie (He 7, 1-17) qui communique au monde l'huile, symbole de l'Esprit Saint (Jn 15, 26). Mais, plus concrètement peut-être pour nous, se trouvent associés le religieux (Josué) et le politique (Zorobabel), se tenant tous deux devant le Maître de toute la terre. Trop souvent, et plus particulièrement dans notre pays, la France, on s'évertue à dissocier radicalement le politique du religieux, c'est ce qu'on appelle la laïcité. Il faut en convenir, une séparation des deux est souhaitable (cf. le fameux Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu., Mt 22, 21), Jésus n'a jamais voulu instaurer une théocratie, il a même refusé le pouvoir (Mt 4, 8-10 ; Jn 6, 14-15 ; Jn 18,33b-37). Le christianisme n'est pas l'islam, où le politique et le religieux sont indissociables, ce qui, soit dit en passant, explique que Mahomet fut à la fois chef religieux et chef de guerre. Il suffit pour s'en persuader de lire le Coran ! Quant à nous, ayons toujours en mémoire que notre véritable patrie n'est pas sur cette terre, la finalité de notre vie est la communion avec nos frères par et avec Dieu, que nous verrons face à face dans ce que nous appelons le Ciel (cf. Jn 18, 36 ; He 11, 8-10.13-16 ; Jb 19, 25-27 ; Ap 7, 15-17).
Nous disions donc que la séparation de l'Eglise et de l'état était un bien jusqu'à un certain point, jusqu'à un certain point seulement. Il n'est certes pas question d'instaurer une théocratie, tentation musulmane et même américaine. Nous ne pouvons pas en tant que chrétien imposer nos vues à l'ensemble d'un peuple. Il s'agit de réformer et convertir le coeur en premier lieu avant de réformer la société (Mc 7, 14-23 ; Lc 6, 45), sinon, ce n'est plus une révolution par l'amour, mais une révolution tout court avec les excès que l'on connaît (dictature du prolétariat, Révolution française avec la Terreur, etc...). Il n'empêche... le chrétien ne peut pas non plus se désintéresser de la vie de la cité, il lui faut essayer de changer la société de l'intérieur. Joseph, dans l'Ancien Testament, est un exemple à cet égard. Il n'a pas converti l'Egypte, mais il a contribué à améliorer la vie des égyptiens en période de famine (Gn 41 + 47). De même, nous, chrétiens, nous pouvons améliorer la société par un certain engagement politique, à condition que celui-ci reste bien subordonner à nos convictions religieuses. Ainsi, Joseph n'a jamais cessé de prier son Dieu, même quand il occupa le poste le plus important en Egypte après Pharaon (Gn 45, 4-8). Le pape Benoît XVI ne dit pas autre chose dans son exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, où il parle de valeurs 'non-négociables' (respect de la vie humaine, la défense de la conception à la mort naturelle, la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, etc...). Y pensons-nous quand nous mettons notre bulletin de vote dans l'urne ? Car voter est déjà un acte politique. En fait, nous pouvons résumer ce qui vient d'être dit par cette phrase emprunté à Jésus lui-même :
Eux [les disciples] restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi [...] ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais. (Jn 17, 11.14-15 ; nous sommes dans le monde, il nous faut y travailler, mais nous ne sommes pas du monde, il nous faut donc avoir les yeux fixés sur notre vrai but et ne pas abandonner nos valeurs.)
Revenons maintenant à l'idée de réformer une société de l'intérieur en prenant l'exemple de l'avortement. Evidemment, il serait souhaitable de supprimer cette loi inique par une autre loi, mais pouvons-nous le faire contre le gré d'une majorité de la population ? Ne serait-il pas plus souhaitable de rééduquer les citoyens au respect de la vie (par la prière, l'intercession et le témoignage en actes et en paroles, etc...) avant d'envisager une loi ? Faisons mûrir les coeurs avant toute réforme, d'autant que nos frères citoyens ont l'excuse d'être victimes d'un matraquage médiatique que l'on pourrait qualifier au mieux de désinvolte, pour ne pas dire franchement irresponsable. Notre première réaction doit être celle de Jésus sur la Croix :
Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font (Lc 23, 34)
Le pardon et l'amour ont une puissance de révolution bien supérieure à la force (Mt 20, 25-28), l'exemple du pardon d'Etienne en est une preuve éclatante, si l'on veut bien rapprocher ce pardon de la conversion de St Paul (Ac 7, 54 - 8, 1 + Ac 9, 1-31).
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ANTI - CLERICALISME |
En conclusion de cette brève réflexion sur les rapports entre la politique et la religion, je vous propose cette question classique, s'il en est : faut-il voter et se battre pour un programme du moindre mal, mais qui a plus de chance d'être accepté ou pour un programme plus 'pur', mais qui ne passera jamais, compte tenu de son faible écho dans une population encore insuffisamment préparée à recevoir dans son coeur les valeurs évangéliques ? A vous d'y réfléchir et d'y répondre, dans la prière ? Personne ne peut le faire pour vous. Quoiqu'il en soit, le désengagement de la vie de la cité de la part des chrétiens n'est pas acceptable (Ps 82, 3-4 ; Is 58, 6-7), tout comme leur exclusion au nom d'un laïcisme fanatique et frénétique, j'en veux pour preuve des réflexions entendues lors de la campagne présidentielle française de 2007, réflexions faites soit par des proches des candidats ou par les candidats eux-mêmes :
- Il n'y a pas de place pour la religion dans la République (Y en a-t-il une pour moi chrétien alors ? Ai-je encore le droit de voter après une telle phrase ?) - Si Dieu existe, j'aimerais lui dire "qu'il ne se mêle pas des affaires des hommes et qu'il demande à ses ouailles de respecter la liberté de conscience de chacun. Mais, comme il n'existe pas, cela restera un voeu pieux. (notons que ces mêmes personnes pour justifier leur athéisme ne manqueront pas de reprocher à Dieu - s'il existait - de ne pas agir plus bruyamment contre la souffrance dans le monde. Cette personne a-t-elle été frappée d'amnésie historique pour ignorer que les valeurs chrétiennes et l'Eglise ont tant oeuvré contre l'esclavage en vogue dans l'empire romain, pour l'égalité hommes-femmes au Moyen-Âge, etc... ? Qui s'occupait de l'éducation des enfants et des soins des malades du Moyen-Âge au début du XXe siècle, avant que la société civile ne décide de prendre le relais sans ménagement pour les chrétiens parfois ? Suis-je comme chrétien un dictateur des consciences ? C'est en tous cas ce que semble me dire cette personne par tolérance, je suppose !)
Demanderait-on à un écologiste de mettre ses valeurs en sourdine quand il fait de la politique ? Pourquoi alors demander à un chrétien de le faire ? Ordonnerait-on à une organisation homosexuelle, féministe, etc... de ne pas interférer dans la sphère publique en donnant son avis ? Pourquoi l'ordonner à l'Eglise ? Attention, messieurs les politiques, ne confondez pas neutralité laïque et hostilité anticléricale, sous peine de devenir intolérants au nom de la tolérance, comme l'ont si bien fait nos chers philosophes des Lumières !
Comme nous venons de le dire, Josué et Zorobabel renvoient respectivement au religieux et au politique. Mais, on peut élargir la symbolique de ces deux personnages, notamment celle de Zorobabel. Ainsi, dans le texte déjà commenté sur ce site (Exode 17, 8-13), Josué - le fils de Noun, non pas le Josué grand-prêtre de ce passage -, représente le combat guerrier alors que Zorobabel fait référence au combat politique. Tous deux, cependant, sont amenés à contraster avec les personnes incarnant la prière dans les passages bibliques qui viennent d'être mentionnés (Moïse dans Ex 17, 8-13 et le grand prêtre Josué dans ce passage de Zacharie). Dans ce cas, ils symbolisent bien plus que la guerre ou la politique, ils symbolisent en fait l'action. Les deux oliviers alimentant le réservoir du chandelier dans ce passage sont alors la prière (Josué, le grand prêtre) et l'action (Zorobabel). Ces deux facettes de la foi se tiennent, toutes deux, devant le Maître de toute la terre (verset 14). Quelle leçon en tirer ?
Il coule de source que la prière se situe sous le regard de Dieu (cf. Comment prier, le point 12 ; Mt 6, 5-8 ; Mt 6, 9-13), mais en est-il de même pour notre action, notre vie quotidienne ? Trop souvent, nous établissons, plus ou moins consciemment, une barrière entre notre vie spirituelle et notre vie tout court. La prière finie, il n'est pas rare que Dieu devienne ensuite absent de nos pensées, nos paroles et nos actes.
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Que veux-tu que je fasse, Seigneur ? |
Il y a là un grand risque de contre-témoignage. Il est vital que nous prenions conscience que Dieu veut être notre ami de tous les instants, dans cette perspective les temps de prière sont comme des 'piqûres de rappel' de la présence du Seigneur, ils sont des ressourcements. Par ces temps, nous faisons le plein de Dieu, telle une voiture qui fait le plein de carburant. On peut aussi rapprocher ces poses prière dans la journée de nos rencontres plus intimes avec une personne aimée, rencontres qui nous permettent d'ancrer cette personne plus profondément dans notre coeur et notre mémoire. En conséquence, notre vie quotidienne doit être placée sous le signe de Dieu (Col 3, 17) ; notre Ami et Seigneur doit être présent dans nos pensées quel que soit le moment de la journée, il doit être le moteur de nos paroles et de nos actes. Il faut en définitive que ces questions deviennent un leitmotiv : Que veux-tu que je fasse Seigneur en telle ou telle circonstance de ma journée ? Que ferait le Seigneur à ma place ? De cette façon, toute notre vie deviendra prière (1 Thess 5, 16-18). Faisons nôtre cette parole du psalmiste :
Voici, je viens.
Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles. (Ps 40, 8-9 ; cf. He 10, 4-9)
Adoptons, dans cette ligne, l'attitude de Marie qui a dit :
Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! (Lc 1, 38)
C'est ainsi que nous pourrons dire ces paroles du Notre Père en toute conscience : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
(Si vous voulez des conseils pratiques sur la façons de rendre Dieu plus présent dans vos journées, vous pouvez lire les conseils de frère Laurent. Vous pouvez aussi consulter les questions suggérées dans Dieu appelle pour faire un examen de conscience.)
La conséquence très concrète de ce qui vient d'être développé est qu'il ne faut jamais dissocier, et encore moins opposer, l'action et la prière, ces deux facettes de la même foi doivent au contraire marcher main dans la main. En effet, le Seigneur lui-même ne dit-il pas que l'on reconnaît un bon arbre à ses fruits (Mt 12, 33) ? La vraie prière trouve en fait son accomplissement dans l'action (Jc 2, 14-18 ; 1 Jn 4, 20), tout comme l'action trouve sa source dans la prière (Ex 17, 8-13 ; Mt 9, 37-38 ; Lc 14, 28-32 ; Ep 6, 18-20 cf. aussi Jésus qui prie avant chaque moment clé de son ministère - Lc 4, 1-13 où Jésus se retire au désert avant son ministère publique ; Lc 6, 12-13 où Jésus prie avant le choix de ses apôtres ; Mc 14, 32-42 où Jésus prie au Jardin des Oliviers avant sa Passion ; Jn 17 où Jésus prie pour ses disciples avant sa Passion). En fait, la vraie façon de réconcilier oeuvres et prière, c'est d'agir après avoir prié.
En résumé, on pourrait résumer notre réflexion ainsi :
- Cherche la volonté de Dieu en priant d'abord, agis ensuite.
- N'agis jamais sans avoir d'abord cherché la volonté de Dieu par la prière.
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| PRIE D'ABORD, AGIS ENSUITE. ou
N'AGIS JAMAIS SANS AVOIR PRIE D'ABORD. |
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Il convient ici de distinguer deux types de prière : les prières ou oraisons jaculatoires (arrow prayers en anglais) et les temps de prière pris à temps fixes.
 Oraison jaculatoire = arrow prayer / 'prière-flèche' en anglais
 Temps de prière
 Temps de prière
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- Les oraisons jaculatoires sont des prières brèves, ferventes et spontanées, formulées ou non à haute voix, traduisant l'élan de l'âme vers Dieu, elles sont comme jetées vers le ciel (du latin jaculatorius, jeté rapidement) (exemples d'oraisons jaculatoires dans la Bible : Ps 121, 1-2 ; Jos 10, 12 ; Mc 10, 46-47). Elles sont un excellent moyen de mettre en pratique le petit tableau ci-dessus au fil des rencontres et des événements qui se présentent à nous dans la journée, surtout s'ils sont inattendus ; voilà en effet une excellente 'stratégie' pour s'approcher du but fixé par St Paul dans 1 Thess 5, 17 : Priez sans cesse.
- L'autre grande manière de prier est le temps fixe. C'est d'ailleurs le but de ce site internet, par la méthode qu'il expose (cf. page d'accueil), que de vous aider à prier de manière régulière. Ces temps de prière ne peuvent être remplacés par des oraisons jaculatoires, ils sont en fait appuyés et complétés par celles-ci. Une amitié ou un amour entre deux personnes ne se résume pas à vivre l'un à côté de l'autre dans un dialogue ne consistant qu'en des paroles nécessaires au bon fonctionnement de la vie matérielle au quotidien. En réalité, le tout trouve sa raison d'être dans des périodes d'intimité et de ressourcement où les deux amis ou amoureux consacrent du temps gratuitement l'un pour l'autre, où les mots sont gratuits dans la mesure où ils n'existent que pour l'autre, au point que les mots finissent par devenir superflus, s'effaçant devant la simple présence de l'être aimé. Il n'en va pas autrement de notre relation avec Dieu. Entre Lui et nous doivent s'instaurer des moments d'intimité, des temps de prière donnés à notre Seigneur. Le dialogue se fait alors plus profond, puisque, contrairement aux oraisons jaculatoires, nous sommes amenés à nous mettre à l'écoute du Seigneur. C'est ici que la méditation priante de la Bible prend toute sa place (cf. plus haut pour avoir un développement plus complet et des renseignements sur la façon de lire la Bible).
Parfois, dans des moments de grâce particuliers, nous pouvons connaître ce qu'on appelle l'extase, qui ici doit être simplement compris comme une perception plus forte de la présence de Dieu dans notre prière, présence qui se fait tellement sentir que les mots deviennent inutiles, seule la joie d'être devant notre Seigneur et Ami compte (Ps 19, 15 ; Mt 6, 6 ; Rm 8, 26).
Si nous revenons maintenant au verset 14 de ce passage, dans lequel la prière (Josué) et l'action dans la vie quotidienne (Zorobabel) se tiennent toutes deux devant le Maître de toute la terre, il nous faut alors, également, mettre ces temps de prière fixes en relation avec notre action dans la vie quotidienne. Ainsi, en plus d'être des temps de réconfort, de renforcement de notre lien avec notre Dieu, ils constituent une lumière qui devra éclairer toutes nos actions et décisions de la journée. En quel autre endroit peut-on mieux connaître la volonté de Dieu que dans sa Parole (Ps 119, 105) ? La prière devient donc un lieu d'écoute de la Parole de Dieu et de demande pour que nos actes soient en conformité avec ce que nous venons de lire, de cette manière, nous éviterons ce triste constat de Jésus : Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur' ! pour entrer dans le royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux (Mt 7, 21). Aussi ces temps de prière peuvent-ils devenir de véritables lieux d'orientation pour nos vies, où nous demandons à Dieu de nous éclairer pour faire sa Volonté dans la journée, où nous remettons à Dieu telle ou telle décision importante à prendre, etc...
Pour vous aider à mieux saisir la place du temps de prière dans la vie quotidienne, je vous propose ce schéma inspiré d'un texte des Actes des Apôtres (Ac 14, 21b-27) :
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| LE TEXTE BIBLIQUE → | LA CONCLUSION | ← L'EXPLICATION |
Paul et Barnabé, revenus à Iconium et à Antioche de Pisidie, affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : " Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. " Ils désignèrent des anciens pour chacune de leurs Eglises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui. ↓ |
 TEMPS DE PRIERE PREPARATOIRE A L'ACTION |
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Ici nous voyons les Apôtres revenir dans les églises déjà fondées, après avoir prêché à des non chrétiens (Ac 14, 20-21a). Ils éprouvent le besoin de se ressourcer et de consolider la foi de ceux qui se sont convertis. Ils le font dans un esprit de prière ('après avoir prié et jeûné'). Ce temps de prière et de ressourcement intervient avant une nouvelle période d'action évangélisatrice. Nous-mêmes devons nous ressourcer dans notre vie, dans la journée, etc... par des temps de prière pour repartir de plus belle. Cette période devient ainsi une période de ressourcement et de consolidation où l'on se 'recharge' pour les prochaines missions, c'est dans cette optique que nous pouvons nous préparer à l'action, en demandant explicitement l'aide de Dieu pour telle ou telle chose à faire, ou, tout simplement, en remplissant notre âme de la force divine comme on remplit ses poumons d'air pur. ↓
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Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent vers Attalia, ↓ |
 L'ACTION PROLONGEANT ET CONCRETISANT LE TEMPS DE PRIERE PREPARATOIRE |
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Nous avons ici une période d'action et d'évangélisation qui suit le temps de prière et de jeûne observé dans les communautés d'Iconium et d'Antioche de Pisidie. ↓ |
et prirent le bateau jusqu'à Antioche de Syrie, d'où ils étaient partis ; c'est là qu'ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l'oeuvre qu'ils venaient maintenant d'accomplir. À leur arrivée, ayant réuni les membres de l'Eglise, il leur racontaient tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi. |
 PRIERE DE MATURATION, OÙ L'ON DEMANDE A DIEU DE FAIRE MÛRIR CE QUI A ETE ACCOMPLI DANS L'ACTION |
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Paul et Barnabé retournent dans la communauté d'origine (Antioche de Syrie) où ils racontent à la communauté réunie ce qu'ils ont accompli. Nous aussi, après l'action, retournons à la source, c'est à dire à Dieu, en réunissant nos forces dans la prière pour faire le point devant le Seigneur, lui demandant d'accompagner et de faire mûrir notre travail (Ps 90, 17 ; 1 Co 3, 6-7), pour que celui-ci trouve en Lui son accomplissement plein et entier. |
Rem : Il est évident que les explications fournies ne recouvrent qu'un aspect de ce texte, d'autres interprétations complémentaires sont bien sûrs possibles.
En conclusion, on pourrait insister à nouveau sur ce qui a été dit maintes et maintes fois dans ce commentaire biblique : à savoir que la personne pour qui nous intercédons ou le problème pour lequel nous prions sont travaillés par le Seigneur et son action discrète, mais profonde, tout comme ils sont travaillés par notre action, qui doit tenir en un mot : aimer. Ainsi la prière et l'action, bien loin de s'opposer, marchent main dans la main, elles se tiennent toutes deux devant le Maître (verset 14). C'est ce qu'on pourrait appeler un travail de coopération avec le Seigneur. Nous coopérons, par là, librement à l'action du Seigneur - action sollicitée, motivée et nourrie par notre prière.
Cette vision des choses (chap 4, 2) est un encouragement et une véritable source d'espérance. Nos efforts ne sont plus à considérer de manière isolée, ce qui peut parfois conduire au découragement devant l'échec apparent ; bien au contraire, nos efforts, nos actes, sont à situer dans une nouvelle perspective. En effet, si nous oeuvrons en fonction de nos prières, nos agissements dans la vie quotidienne deviennent un appui à la prière. C'est alors que nous ne pouvons plus regarder nos oeuvres comme étant stériles ; en fait, elles 'accélèrent' l'exaucement de nos prières. C'est à la mesure de notre obéissance dans l'action que nos exaucements viendront plus ou moins rapidement (Lc 6, 38 + le texte des Actes des Apôtres que nous venons de commenter, où il est montré que l'action se doit d'être guidée par la prière et la foi). Qu'il nous soit fait selon notre foi et notre sagesse (Mt 8, 13) ! Puissions-nous avoir une foi suffisamment grande pour croire que notre amour agissant est un prolongement de nos prières, qui, elles, ne peuvent, de ce fait, avoir qu'une seule issue, la victoire. Ayons également une sagesse assez éclairée et obéissante pour comprendre que la victoire selon Dieu ne signifie pas forcément un exaucement selon nos vues limités (Is 55, 8-9), mais bien plutôt une victoire atteignant des profondeurs insoupçonnées (Ep 3, 17-19). A cet égard, il nous faut ajouter que l'échec éventuel de nos efforts sur nous-mêmes ou par rapport à quelqu'un d'autre, n'est qu'apparent, puisque ce qui compte ce n'est pas le résultat immédiat, mais le degré de coopération obéissante et amoureuse que nous aurons manifesté, suite à nos prières et à nos intercessions. Ce faisant, nous aurons ouvert à Dieu les portes de la liberté humaine, nous lui aurons donné l'occasion, par notre obéissance, d'agir dans l'humanité sans violer la liberté de l'homme. Aussi, le temps deviendra-t-il un allié, car nous saurons que Dieu finira par l'emporter sur les réticences humaines, dans la mesure où nous lui aurons permis de le faire par notre prière relayée par notre coopération et notre amour pour lui et nos frères. Oui, le découragement fera alors place à la patience et à l'espérance, et ce, quels que soient les revers essuyés à court terme. Que notre vie se résume donc à ces deux pôles : prions et aimons. Si tel est le cas, nous deviendrons une force considérable pour le Seigneur. Terminons par ces mots de Saint Paul, qui nous rappelle d'abord les vertus dites théologales (ci-dessous), avant de nous donner 'l'algorithme de la foi' (plus bas) :
- Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l'amour (1 Corinthiens 13, 13)
- Bien plus, nous mettons notre orgueil dans nos détresses mêmes, sachant que la détresse [= les échecs] produit la persévérance [= la patience], la persévérance la fidélité éprouvée [= la foi], la fidélité éprouvée l'espérance ; et l'espérance ne trompe pas [= la victoire finale], car l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné [= don de la sagesse par l'Esprit].
(Romains 5, 3-6)
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